Littérature – Philosophie

Dieu, la science, les preuves : une tromperie !

Temps de lecture : 6 minutes

  •   L’abus du mot preuve

Le livre de Michel-Yves Bolloré et d’Olivier Bonnassies, Dieu, la science, les preuves, prétend prouver l’existence de Dieu. Cela est de prime abord passionnant. Ce livre met en avant des termes fondamentaux en science : preuve, raison, démonstration. Les auteurs prétendent démontrer et prouver l’existence de Dieu par la science. Or, force est de constater que ce livre ne prouve en rien l’existence de Dieu. Il faut analyser les termes utilisés dans ce livre et la manière de procéder afin d’en évaluer la pertinence.

 Or il apparaît très vite qu’il y a un abus. Les auteurs prétendent être guidés par la raison et la science et font pourtant un usage abusif des conclusions scientifiques, notamment avec l’utilisation du terme « preuve ». Les sciences, en fonction de leurs recherches, proposent des réponses expérimentales sur la réalité du monde et les auteurs de ce livre en tirent des conclusions extrascientifiques fondées sur leur foi.

 Il y a un abus pas très honnête de la rigueur scientifique, car ce qui est présenté comme étant des preuves n’en sont pas. Toutes les références scientifiques peuvent faire illusion, mais aucune n’affirme stricto sensu l’existence de Dieu. Cette conclusion est exclusivement celle de la foi des deux auteurs.

 Commençons par analyser ce mot. Qu’est-ce qu’une preuve ? Une preuve est un fondement qui permet de conclure de manière irréfutable qu’une affirmation correspond à la réalité. Elle est un fait qui permet d’affirmer de manière indéniable la réalité, la vérité d’une idée, d’une parole, d’un discours, d’une théorie.

 Le sophisme des auteurs consiste à identifier une preuve d’existence avec l’hypothèse d’une existence. La différence peut passer inaperçue mais elle est majeure.

Rappelons qu’un sophisme est un raisonnement qui a l’apparence de la vérité mais qui est en réalité faux et trompeur.

 Les éléments qui sont avancés ne montrent, ni ne démontrent l’existence de Dieu, mais portent à penser à l’hypothèse de son existence. Ce n’est pas du tout la même chose. Aucun scientifique digne de ce nom ne dira qu’il a scientifiquement prouvé l’existence de Dieu, à moins d’être guidé par la foi et de transgresser la rigueur scientifique. Un scientifique, cependant, peut fort bien affirmer qu’il y a des éléments pour poser l’hypothèse de l’existence d’un dieu. Voilà tout si on en reste à l’exigence scientifique. La prétention du livre est donc nulle et non avenue.

  •  Lhypothèse n’est pas une preuve

  Que l’univers soit ordonné de manière extrêmement complexe porte à songer à l’existence d’un ordonnateur, ou d’un architecte pour utiliser le terme de Kant dans la Critique de la raison pure, mais ne prouve pas son existence. Cet argument est vieux comme le monde. Il est simplement réactualisé par nos auteurs. On peut rappeler les vers de Voltaire : « L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer / Que cette horloge existe et n’ait point d’horloger. » L’ordre complexe du monde a toujours interrogé les scientifiques et les philosophes. Et il est certainement tout à fait naturel de se poser la question face à l’architecture de l’univers, face à la complexité infinie de la vie, du génome, de l’ADN, etc.

Mais insistons sur la nuance dans les deux phrases qui suivent :

S’il y a un ordre, alors il y a un ordonnateur, à savoir Dieu.

S’il y a un ordre, alors on peut conjecturer qu’il y a un ordonnateur, à savoir Dieu. On en reste, ainsi, à une supposition.

C’est en définitive la foi des auteurs qui en fait une preuve, non la science.

Dieu reste en somme une hypothèse, d’où l’abus du mot « preuve ».

Rien ne naît du néant. Voilà un principe qui est inclus dans le raisonnement abusif suivant :

Rien ne naît du néant

L’univers n’a pu naître du néant

Donc l’univers a été créé par Dieu, et bien sûr celui de la Bible.

Ce principe que rien ne naît du néant n’est pas nouveau, loin s’en faut. Il est réchauffé avec la science moderne qui n’apporte rien de plus. Pourquoi la cause de l’univers serait forcément un dieu créateur, un dieu biblique de surcroît ? Nous avons l’habitude qu’un ordre provienne d’un ordonnateur intelligent et nous élargissons cela à l’univers entier, comme nous avions l’habitude de penser avec évidence que le soleil se levait et se couchait et que la terre était immobile.  

 Oui, il y a peut-être un dieu qui a ordonné tout cela, mais cela reste une hypothèse. Nos auteurs sont orientés par un biais cognitif qui consiste à penser qu’un ordre renvoie nécessairement à une intelligence organisatrice.

  La seule explication de l’inexplicable est-elle l’existence de Dieu ? Soyons sérieux. Ce qui était inexpliqué hier l’est aujourd’hui. L’absence de compréhension d’un phénomène n’est pas une preuve de l’existence de Dieu.

  Il y a une chance sur des millions d’être frappé par la foudre. Or cela arrive. Mais cette improbabilité ne nous satisfait pas, alors on met derrière cela le destin, le karma ou autre raison. Scientifiquement, on ne peut qu’en rester aux probabilités et au constat du fait. Le reste relève de la croyance. C’est exactement le procédé de ce livre qui veut donner un sens divin à des faits qui ne renvoient qu’à eux-mêmes eu égard à la méthode scientifique. Cette croyance ne pose aucun problème en soi. Le souci, ici, c’est que les auteurs de ce livre font de leur croyance une science. La confusion des genres ne peut passer inaperçue.

  •   Un discours trompeur 

Autre abus que l’on peut lire dans la quatrième de couverture, et non des moindres : «Le matérialisme, qui n’a jamais été qu’une croyance comme une autre, est en passe de devenir une croyance irrationnelle. »

Cette phrase n’a strictement aucune rigueur rationnelle ou scientifique, car elle fait un usage trompeur de ce qu’est une croyance et de ce qu’est le matérialisme. Analysons ce dernier. Puisque nos auteurs prétendent tenir un discours rationnel et scientifique, le matérialisme en question doit être étudié en ce sens. La science, malheureusement pour eux, est en partie matérialiste. En effet, la science procède par théorie (hypothèse, mathématique, idée), et par expérimentation, autrement dit par mise en relation de théories avec des supports physiques, sensibles, matériels, factuels. Ce qu’on appelle précisément une preuve matérielle.

 La science est matérialiste au sens indiqué. Un scientifique peut avoir la foi, bien entendu, mais dans le contexte scientifique, il doit rigoureusement s’en tenir à la méthode scientifique, autrement dit chercher des supports matériels pour poser une affirmation. On peut avoir toutes les idées du monde, elles restent des hypothèses tant qu’on n’a pas un fondement expérimental.


 Ainsi, dire que le matérialisme, défini ici, est une croyance, comme le font les auteurs, est parfaitement insensé.

 Rappelons qu’une croyance est une adhésion que l’esprit donne à une affirmation considérée comme vraie sans qu’il y ait de preuve de cette vérité. Pour dire les choses autrement, la croyance est le fait de considérer qu’une doctrine, une théorie, une idée, etc, est vraie a priori sans qu’il y ait de fondement expérimental. Le matérialisme en ce sens-là ne peut pas par définition être une croyance. C’est tout à fait le contraire. En revanche, les affirmations extrascientifiques de ce livre relèvent bien de la croyance.

  Ce livre met sur le même plan deux positions qui sont pourtant radicalement différentes :

 Je crois qu’il existe des dragons volant roses invisibles.

 Je crois qu’il n’existe pas de dragons volant roses invisibles.

 Or, ces deux affirmations ne sont en rien assimilables.La seconde utilise le verbe croire de manière erronée.

 Pour la première, il n’y a aucun fait qui atteste de leur existence.
 Pour la seconde, tout atteste de leur inexistence.

 Ainsi, la première est bien une croyance, la seconde est la constatation factuelle de l’absence de dragons roses, d’autant plus qu’ils sont définis comme étant invisibles. L’utilisation alors du verbe croire, pour cette seconde affirmation, est totalement impropre.

  Les auteurs sont alors en plein sophisme et négligent la plus élémentaire rationalité.

  Ils affirment que s’appuyer sur la réalité pour donner une pertinence à une théorie est une croyance irrationnelle. Il fallait oser. Si l’on est attentif, on verra qu’ils transforment leur croyance en preuve et la preuve en croyance. Leur livre est à cet égard un phénomène, peut-être de librairie, sûrement d’artifices fondés sur deux faiblesses : une faiblesse conceptuelle, une faiblesse rationnelle.   

 Ce livre est donc une tromperie, intentionnelle ou non : il laisse penser clairement que la science permet d’affirmer que Dieu existe de manière irréfutable. Aucun scientifique n’affirme cela sans sortir de la science. Il est manifeste que les deux auteurs sont mus par leur foi et que leur appel à des fondements scientifiques n’est qu’un abus. Le titre du livre est un enjeu marketing qui marche, car le livre se vend très bien. Dire qu’on a les preuves de l’existence de Dieu est bien sûr attirant. Le résultat n’est pas loin de l’escroquerie.

                                                                                    Denis FAÏCK

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9 réflexions au sujet de “Dieu, la science, les preuves : une tromperie !”

  1. Monsieur Faick, je suis étonné car généralement j’apprécie votre rigueur intellectuelle mais force et de constater que vous ne pouvez avoir lu le livre, je ne vous ferais pas offense en vous disant que vous ne l’avez pas compris.
    Lorsque je l’ai acheté, mu par le bouche à oreille, j’avoue que j’étais particulièrement sceptique, craignant de trouver un énième livre sur la foi. J’y ai trouvé au contraire un récit scientifique, certes vulgarisateur mais plutôt convaincant sur les thèses scientifiques. Les auteurs qui ne se cachent pas de leur foi dans les médias, restent relativement neutres dans l’ouvrage. Ils développent leurs preuves, sans les imposer au lecteur, permettant ainsi à celui ci de se faire sa propre opinion. En termes scientifiques, qui est davantage mon domaine que la philosophie, le raisonnement est factuelle, crédible et d’ailleurs n’est pas remis en cause par la plupart des scientifiques.
    Vous y avez lu de la croyance, qui plus est irrationnelle or elle est absente de l’ouvrage (à part probablement dans le chapitre sur Fatima).
    Pour une fois, je ne me reconnais pas dans votre article et votre lecture me surprends. Ai-je lu le même livre que vous ?

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  2. Je partage totalement votre point de vue sur ce livre.
    De mon côté, je propose l’inverse en prenant toutes les imperfections de la Bible, et pour ne citer qu’un exemple  » pourquoi David va faire tuer le centurion pour avoir un enfant avec son épouse !!! Alors que « DIEU » pouvait; sans crime organisé; rendre fertile l’éouse de David !!!!!!!!!!!!!!! ET CE N’EST QU’UN EXEMPLE !!!

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    • Euh… Il n’y avait pas de centurion du temps de David. Et de quelle épouse s’agit-il ? On peut savoir de quelle bible il s’agit ?

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  3.  » Que l’univers soit ordonné de manière extrêmement complexe porte à songer à l’existence d’un ordonnateur, » écrit Denis Faïck.
    Mais qui affirme cet ordonnancement de l’Univers, si ce n’est la science elle-même ?
    Elle ne trouve dans l’Univers que l’ordre qu’elle cherche à travers la rationalité qui est au fondement de sa propre démarche et ainsi s’y auto-justifie de ses propres théories.
    La Bible a un regard poétique sur la genèse de l’Univers pour en affirmer Dieu comme origine ; elle n’engage que la croyance et non la Raison.
    La science a un regard rationnel sur la genèse de l’Univers, mais elle n’affirme rien au-delà du Big-Bang qui n’est qu’une théorie ! Certains, insatisfaits de cette limite de la Raison, recourent à Dieu par défaut :  » God for gape » disent les anglo-saxons. Autrement dit, à défaut de preuve par la Raison, croyons qu’un Dieu ordonne le réel.

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  4. Livre écrit par le frère d’un Bolloré très croyant et qui, bourré de fric, monopolise C8 pour remettre la religion au goût du jour. » En quête d’esprit » est une émission qui va dans ce sens.La maison d’édition de l’ouvrage en question est sous le contrôle de Bolloré, la pub multidirectionnelle ne manque pas, Bolloré n’a rien d’un miséreux et sait mettre la main à la poche.Grand bien lui fasse.
    Pour en revenir au livre il ne prouve rien, ce n’est en fait qu’une sensation qu’un Dieu existe.Et quels sont ses rapports avec les hommes? A propos où commence l’Homme? Il y a 300 000 ans pour l’Homo sapiens (sic) ou plusieurs millions d’années en remontant à l’Australopithèque? Important de le savoir pour le moment du Jugement dernier qui doit marquer la fin de l’Eternité!!!!
    Je lis le dernier numéro de Sciences et Avenir sur l’Univers et le Big Bang qui pose problème.Les scientifiques cherchent à comprendre et y mettent les moyens Le frère Bolloré,lui, a tout compris, pas besoin de se livrer à de la masturbation intellectuelle, Dieu existe un point c’est tout.Pourquoi nous a-t-il créés, pourquoi la Shoah, les divers génocides qui ont ensanglantés la planète? Circulez il n’y a rien à voir. Dieu existe et Bolloré est son prophète.Amen

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  5. Les auteurs cherchent-ils à prouver l’existence de Dieu ? Pas directement en tout cas, le terme preuve présent en couverture étant plutôt lié aux recherches des très nombreux prix Nobel cités, croyants et non croyants. Ils le rappellent ou le sous-entendent plusieurs fois dans le livre, d’ailleurs.
    Par preuve, il vaut mieux entendre : interpréter le sens d’une quasi-impossibilité, qu’on retrouve au niveau de la création de l’univers ou de la vie, comme vous le suggérez. S’il y a une chance sur un million que je sois atteint par la foudre, cela peut arriver, c’est certain, mais si le rapport est d’un sur 10 puissance 100, on ne gravite plus du tout autour de la même planète. La science elle-même parle de quasi-impossibilité dans ce cas.

    Les auteurs ne démontrent donc pas ce en quoi ils croient au moyen de preuves mais invitent le lecteur à considérer l’ensemble de ces découvertes. Elles se suffisent en elles-mêmes.

    Si je découvre un cube parfait en métal ou en pierre sur une autre planète, je me dis que quelqu’un est passé par là. La « tête de lecture » de l’ADN citée dans le chapitre sur la biologie décrit un exemple infiniment plus complexe qu’un cube parfait. Qui plus est, concernant l’apparition de la vie, dans un temps très court, il a fallu que coexistent différents éléments, tous très complexes :
    – l’ADN,
    – le décodeur capable de lire et interpréter le langage codé de l’ADN,
    – le mécanisme qui stipule à quel moment, où et jusqu’où on a besoin de lire l’ADN,
    – la machinerie capable de produire les matériaux décrits par le décodeur,
    – la membrane,
    – les piles à énergie,
    – et bien d’autres composants essentiels.

    La probabilité pour que ces éléments extraordinairement complexes apparaissent en même temps et se constituent en entité viable est supérieure à tout ce qu’on peut imaginer. J’ai presque envie de dire, sans chercher à insulter qui que ce soit, qu’un enfant de douze ans est capable de déduire l’impossibilité d’un tel événement.

    Avec ce livre, on discerne la présence de deux sciences : celle des chercheurs et celle servie au peuple. Pour ce dernier, tout est clair : il y a eu un big bang et l’homme est apparu suivant le schéma élaboré par la théorie de l’évolution. Mais quand on s’intéresse aux chercheurs, on tombe des nues, ce que décrit bien ce livre par sa longue liste de citations de prix Nobels. Beaucoup d’entre eux ne tiennent aucun compte des implications de leurs recherches dès lors qu’elles contredisent la pensée dominante selon laquelle Dieu n’a rien à voir avec la science.

    On rejette l’idée selon laquelle Dieu pourrait être l’architecte et le bâtisseur de notre univers par principe, on en fait même un postulat de base. Pour pallier à ce mur qu’est la complexité, on invente les théories les plus folles, aussi décrites dans ce livre, comme celle qui suppose la présence d’une infinité d’univers capable de répondre à la quasi-impossibilité de l’apparition de la vie sur une seule planète de cet ensemble.

    On peut comprendre le rejet des dieux dont parlent les différentes religions. Le catholicisme, pour ne citer que lui, a bien souvent tourné le dos au message des évangiles jusqu’à se rendre coupable des pires abominations pourtant clairement dénoncées dans les Écrits. Les hommes ont toujours cru en une multitude de dieux ou de règles qu’ils inventent au grès de leurs désirs ou de leurs craintes. Un dieu compréhensif, capable de pardonner les pires actions sans trop de conditions, n’est-ce pas pratique ? Pour cela, on modifie le sens des règles initiales pour obtenir une nouvelle religion ; on la déforme pour l’adapter à la bassesse humaine.

    À raison, l’athéisme rejette cette bassesse, mais, comme souvent avec l’homme, il passe d’un extrême à l’autre en déclarant : « les religions sont des créations humaines, donc Dieu n’existe pas ». Or, c’est le contraire qu’il faut comprendre : comme pour un tableau de maître mainte fois recopié, toutes ces formes de religion représentent autant de copies qui témoignent de la présence d’un original. C’est l’original qu’il faut rechercher.

    Le tableau parle du peintre. De la même façon, on discerne aisément à travers la beauté de sa création que Dieu n’a rien à voir avec la majorité des croyances humaines. C’est ce qu’ont réussi de mieux les deux auteurs de ce livre : démontrer l’infinie intelligence du Créateur. Il a créé le beau, le vrai et le juste (la notion de justice). En espérant que l’homme ne se contente pas du beau et qu’il le recherche, lui, jusqu’à discerner le sens de ses réalisations. La créature ne peut vivre loin de son Créateur. En absence de sens, l’homme se perd, il détruit ce qu’il construit.

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  6. L’entourloupe est la plus visible est la référence au miracle de Fatima, qui est bien la plus belle escroquerie religieuse ( voir Fatima, enquête sur une imposture, de Gérard de Sède). L’hypothèse de l’existence de Dieu peut être prise au sérieux. Mais si Dieu existe et a vraiment présidé aux réglages fins de l’univers, il ne va pas les dérègler pour tirer quelqu’un du pétrin. En tant qu’êtres créés par Dieu si nous sommes croyants, nous sommes soumis comme tout un chacun aux lois de fonctionnement de l’univers. Nous ne sommes pas tous égaux devant la vie. Certains meurent jeunes, d’autres meurent vieux. Certains sont riches, d’autres sont pauvres. L’évangile nous appelle à partager, pour rétablir une certaine égalité. Pour les riches, c’est pas facile. Ha ! Ha !

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    • C’est vrai. Pour Fatima, je suis embêté aux entournures, c’est parole contre parole, dans un sens, Gérard de Sède contre Michel-Yves Bolloré.

      Pour ce qui est de la justice sur Terre, on a obtenu ce qu’on cherchait : vivre sans Dieu, il faut en accepter les conséquences. Il y a ceux qui vivent sans Dieu et il y ceux qui vivent avec, et ces derniers ont créé des tas de religions divergentes pour aussi vivre sans le vrai Dieu (le Créateur).

      Et il y a ceux qui cherchent le vrai Dieu, pas très nombreux. Ils font comme le fils prodigue. Tout est dans l’attitude.

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  7. Pourquoi appeler « Dieu » un supposé créateur de l’univers ? A-t-on défini au juste ce qu’on entend par « Dieu » ? Pas du tout, du moins dans le livre « Dieu la science les preuves ».
    Je suis surpris que ni les auteurs, ni leurs critiques ne fassent appel à Spinoza, dont la pensée est pourtant si claire, et qui est devant nous pour encore longtemps dans notre effort de comprendre l’univers : « Deus sive natura » (« Dieu, autrement dit la Nature »), existant par la seule nécessité de sa nature.
    En revanche je suis bien d’accord avec l’idée que la science trouve dans l’univers ce qu’elle y cherche, c’est-à-dire de l’ordre et de la rationalité ; jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive que ses théories, rationnelles, ne suffisent pas, alors elle les perfectionne ou elle en change. La nature même de l’univers, au fond, nous échappe, nous n’aurons jamais fini de comprendre. Comme Augustin, voyant un enfant qui essaie de vider la mer dans le trou qu’il vient de creuser dans le sable de la plage, s’étonne de cet effort dérisoire ; réponse de l’enfant : « J’aurai plus vite vidé la mer que tu n’auras compris l’éternité ».
    Hegel aussi est éclairant sur ces questions métaphysiques (= qui dépassent la physique) : l’univers, c’est l’esprit qui s’est aliéné de lui-même dans la matière, et qui se reconquiert progressivement par la vie, puis par la conscience et la science (au sens large du terme) ; on peut le reformuler « la matière c’est de l’esprit emprisonné ». Hegel ajoute une dimension dynamique à l’éternité immobile de Spinoza.

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