Avis critique sur : « leurs enfants après eux », Nicolas Mathieu, Actes Sud, 2018.

Temps de lecture : 2 minutes

Voici ce que j’ai retenu de ma lecture qui a, vraisemblablement, occulté nombre de choses.

Ce qui me frappe est la structure du style. Un livre très bien écrit. En effet, le rythme est millimétré, la construction des phrases, leur pertinence, est bien mesurée par ce qui est dit, par le sens. Le message s’accorde précisément avec la forme. En somme, rien n’est en vain. Rien pour épater la galerie. Le texte porte le lecteur par son architecture nette, impeccable.

La précision est sans failles, ou presque. Rien n’est jamais parfait. Le choix des mots est subtil. Les situations sont bien rendues par une écriture fluide sans clichés, sans stéréotypes. Ça coule de source.

Là, c’est déjà la marque d’un écrivain, je crois.

Maintenant, un problème se pose à moi dans le cours de la lecture. Il s’agit d’une homogénéité qui se met en place. Une continuité bien ordonnée, mais qui, à la longue, devient un peu « sans surprise ».

Permettez-moi de prendre une métaphore : le livre est une autoroute parfaitement tracée, régulière, droite, précise. Or, à mon sens, il manque des virées brutales sur des chemins escarpés, syncopés, avec des saccades, des secousses qui viennent rompre avec la ligne droite et qui essoufflent, qui forcent à « régler » à nouveau la lecture.

Je questionne aussi le sens des dialogues. Ils sont en effet rapides, sans intérêt particulier et je me pose alors la question de leur finalité. J’entends par là que les dialogues ne font aucunement progresser le sens ; ils ne le mettent pas au jour. Ce qui est dit n’apprend rien. J’ai l’impression, peut-être erronée, que l’auteur met des dialogues dans son livre parce qu’il en faut bien. Posons que cela est intentionnel. Certes, mais sur plus de 400 pages, c’est long.

Ce prix Goncourt est à mon sens un bon livre, très bon même, avec parfois, certes, des phrases et des situations qui viennent casser la continuité, qui cassent le rythme et nous emportent ailleurs. Mais il y en a trop peu. C’est sans doute ce sentiment d’homogénéité que vient souligner la longueur globale du texte. C’est trop long. Or, un livre qui est senti, jugé comme étant trop long, est bien une autoroute, trop droite.

J’ai lu ce livre après l’obtention du prix Goncourt. J’ai alors peut-être été influencé en étant trop exigeant. De toute façon, félicitations à l’auteur.

J’ai sans doute raté quelque chose… On peut toujours rater quelque chose…

 

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L'auteur...

Denis Faïck
Denis Faïck Philosophe, maître de conférences

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